CONCEPT

FOOT : LABO, DE LA COMMUNICATION INTÉGRÉE

Management, sélection, innovation, Data…  Le football est le meilleur laboratoire de l’intégration

La coupe du monde 2014 est un théâtre de surprises et nombreuses sont les bonnes équipes qui s’y sont déjà cassé les dents. Des défaites entre autre liées au management des joueurs… On ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre le foot et la gestion d’une équipe communication multi métiers.  En effet, le talent d’un entraineur d’équipe national n’est-il pas comme en communication de faire jouer ensemble une équipe de spécialistes qui viennent d’horizon différents et qui ont des objectifs individuels distincts autour d’un but commun ?

Au-delà du parallèle séduisant, notre conviction est que la communication intégrée (IMC) a beaucoup à apprendre de cette coupe du monde. La preuve par 7 !

 

1) L’entraineur au cœur de la réussite

Meneur d’homme, Didier Deschamps a porté l’équipe de France jusqu’en quart de finale et réconcilié la France avec son équipe nationale. Ses qualités de patron ont été louées car il a su s’entourer (son fidèle lieutenant Guy Stéphan) et prendre des décisions parfois difficiles (la non-sélection d’un Nasri)… Son point fort est de savoir littéralement galvaniser ses hommes pour atteindre l’objectif.

 

2) Assurer un équilibre entre individualités et collectif, l’enjeu-clef d’une sélection

L’absence de Ribéry dans l’aventure brésilienne était vue comme un risque de déstabilisation du jeu français. Les faits ont prouvé le contraire avec une moyenne de 4 buts par match suite au triomphal France-Suisse. Paradoxalement, elle se révèle être un plus pour l’équipe de France. L’attaquant français comme beaucoup de bons joueurs se positionne en leader excluant les autres individualités. Le vrai leader est celui qui crée une dynamique propre à la participation de tous, exploitant au maximum le potentiel de chacun. Deschamps s’appuie sur cette dynamique en préconisant 3 leaders d’équipe. Trois apparaît comme le chiffre idéal pour prendre une décision majoritaire et objective. Les 3 différents leaders selon lui doivent avoir des qualités différentes ce pourquoi il s’efforce de déterminer un leader mental et physique, un leader technique et un leader d’ambiance. Un système de multi-leadership intéressant à transposer en communication.

 

3) Mobiliser l’équipe autour d’un but commun

Comment faire passer le groupe avant tous les désirs individualistes ? L’entraîneur du Chelsea FC, José Mourinho, sait mobiliser ses équipes en définissant continuellement un but commun à tous. Avant entraîneur du FC Porto, chaque saison commençait par un mail adressé personnellement à tous les joueurs de l’équipe. Les agences ont tout intérêt à s’inspirer de ce modèle en communiquant individuellement les objectifs personnels de chacun tout en faisant l’analogie entre les objectifs personnels et ceux de l’agence. De cette façon la motivation de chacun est décuplée !

 

4) La gestion des talents au cœur de la performance

Pour donner du temps aux jeunes joueurs de s’imprégner de l’identité du club et de s’adapter au mieux aux méthodes de travail avant de devenir titulaires  le FC Porto met en place des remplaçants derrière chaque titulaire. Les agences devraient elles aussi créer des pépinières de talents suivi dès leur premier stage dans l’entreprise.

 

5) Maîtriser le changement 

 L’équipe espagnole lors de la dernière édition du mondial est restée sur ses acquis avec un jeu identique consistant à conserver la balle le plus longtemps.

Pour rester innovants, les entraîneurs puisent plusieurs techniques dans les différents clubs fréquentés et en font une synthèse pour définir le jeu idéal en remettant en cause constamment ce qui est fait. Tout comme un entraîneur et son équipe qui regardent un match du futur adversaire, les dirigeants doivent avoir une connaissance parfaite de ce qui se fait ailleurs.

 

6) La gestion des Data devient un enjeu central pour le sport

 Le taux de réussite d’un penalty va de 70 à 87% selon une étude publié dans Soccer et Society en 2009.  Le niveau de réussite étant maximum lorsque le joueur  attend que le gardien plonge pour tirer dans l’axe du but.  Des études que l’entraineur des Pays Bas a dû lire car il a changé le gardien dans la dernière minute de jeux lors des quarts de finale contre le Costa Rica ce qui est un facteur d’augmentation des chances de marquer.

Une bonne connaissance des datas aide à prendre une décision même si elle ne remplace pas le sang-froid et l’engagement.

 

7) Moment of truth ou « la vérité du terrain »

 Lorsque tous les ingrédients sont réunis : une bonne équipe, un collectif homogène soudé derrière un objectif et une stratégie, alors « la parole est au terrain » comme le rappelait souvent Aimé Jacquet. C’est lorsque le cadre est solide que peuvent jouer à plein l’inspiration, la créativité…

L’intégration n’est pas aujourd’hui une priorité mails il a fort à parier que le jour où les entreprises prendrons conscience de son importance, ils feront appel à des sportifs de renom  leur donner les clefs d’un management d’équipe réussi !

Le désastre Brésilien face à l’Allemagne (7-1) restera la conséquence des  fragilités  de la sélection brésilienne (le plus faible taux de passes réussies des quatre demi-finalistes) néanmoins, l’efficacité du « collectif Allemand » nous conforte dans  l’importance  de l’intégration en football et en communication.

 

Yves Simeon

10/07/2014 – L’ADN